Pour sauver les « Corails »

[Pige] – La grogne monte contre un plan de suppression de 25 lignes de trains de ce type.

Le projet de la SNCF visant à supprimer fin 2005 plusieurs liaisons « corail » interrégionales est très critiqué par les présidents des régions, les syndicats de cheminots et une partie des politiques qui y voient un mauvais coup contre le service public. La réduction des dessertes envisagée concerne trois lignes  dans l’Ouest et le Sud-Ouest : Quimper-Nantes-Bordeaux-Toulouse, Nantes-Lyon et Caen-Le-Mans-Tours. Le déficit cumulé de ces itinéraires s’élève quasiment à 20 millions d’euros par an. Plus loin dans le temps, vingt-cinq lignes « corail » interrégionales risqueraient d’être supprimées, la SNCF ne veut plus assumer un déficit de 124 millions d’euros par an.

Corail+

Parmi les suppressions potentielles, vingt lignes se trouvent dans des régions dirigées par la gauche. Pour Alain Rousset, président de l’Aquitaine (PS) et de l’association  des régions de France, ces mesures sont le signe « d’une prise en otage des régions par l’État qui refuse d’assumer son rôle financier ». Les « corails » font partie du réseau « grandes lignes », qui n’est pas de la responsabilité des régions, celles-ci, ayant uniquement à leur charge les trains express régionaux (TER).

Pour le directeur général de la SNCF, Guillaume Pépy, « service public ne rime pas avec déficit » et « le devoir d’un service public, c’est de bien utiliser l’argent que lui confient les clients et le contribuable ». Mais pour Philippe Duron, président de la Basse-Normandie, « service public rime avec République » et « on ne peut parler de déficit lorsqu’on parle de service public ».

Dans ce combat, les régions ont reçu le soutien de la quasi totalité des syndicats de cheminots : CGT, Sud-Rail, FO, CFDT et FGAAC. Tous, ils dénoncent une nouvelle atteinte au service public.

Des ténors de la scène politique montent au créneau. Le président de l’UDF, François Bayrou, affirme que la SNCF a « une obligation de service public qui ne peut être rayée d’un trait de plume ». En Rhône-Alpes, où l’on souligne que « la moitié des allers-retours entre Tours et Lyon auront disparu en décembre prochain », le président Jean-Jack Queyranne dénonce une « nouvelle étape franchie » qui laisse « les usagers sur le quai pour prendre les régions en otages des déficits ». Le ministre des Transports, Dominique Perben, juge certes qu’il est du « rôle normal » de la SNCF d’avoir « pour souci de réduire un certain nombre de déficits », tout en invitant les régions et la SNCF à reprendre les négociations. Comme son collègue de l’Aménagement du territoire, Christian Estrosi, qui rappelle que le gouvernement « a suspendu toute suppression de service public pour une durée de six mois ».

Guillaume Roche

Article publié pour le Dauphiné Libéré en 2005

Illustration : Jean-Pierre Vergez-Larrouy

 

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